Envies d'ailleurs

I took a break in Ibiza

juillet 21

Fuir. C’est certainement l’idée qui occupe l’esprit des parisiens en ce début d’été. Fuir ce temps dégueulasse, ce ciel gris vecteur d’idées moroses, ce froid à vous donner les poils.

Inspirées par je ne sais quelle bonne fée, il était prévu de « fuir » justement, et de s’envoler avec les copines pour l’île blanche.

« Ibiza ?? » Le ton de ma mère traduit son inquiétude. Le Pacha, le Space ou encore l’Amnesia, autant de noms qui font la réputation sulfureuse de l’île à travers le monde. On aurait pourtant tort de limiter ce petit bout de terre à son extravagante vie nocturne.

  • D’abord il y a les calas

Ces adorables criques dessinent la côte de l’île d’un bout à l’autre et aucune ne se ressemble. Quant la Cala d’Hort offre un point de vue incroyable sur Es Vedra, majestueux îlot pyramidal émergé au sud ouest d’Ibiza et sujet à moult mythes et légendes, la Cala Bassa et son CBBC (Cala Bassa Beach Club) peuvent fièrement arborer une plage de sable blanc comme neige et une eau turquoise à la température idéale (ndlr : faire comme tout le monde et assumer son topless). De son côté, la playa Agua Blanca, exposée au vent de la côté Est, vivifie par son aspect plus abrupte et sauvage. Enfin, pour finir la journée, cap sur la Cala Comte, son point de vue sidérant sur le soleil couchant et son restaurant branché, le S’Illa Des Bosc.

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  • Ensuite, le charme épuré des villes

Loin de la tonitruante Playa d’En Bossa qui longe les quartier festifs, la vieille ville d’Eivissa surprend par son charme poétique. Ses volets bleus, ses murs de chaux blanche, ses pavés désordonnés et ses petits restau nichés sur les rooftops vous transportent dans une atmosphère paisible et chaleureuse. Le temps d’une soirée, plus rien ne compte et il fait bon déambuler dans ce dédale de ruelles tout en laissant le vent tiède des soirs d’été filer entre les gambettes. Dans un style tout aussi ressourçant, Santa Gertrudi affiche un charme plus discret au centre de l’île. Épargnée de la frénésie des plages, c’est un peu l’enfant bohème d’Ibiza et on s’y rend l’esprit peace & love, après avoir flâné au Hippy Market d’Es Canar, tout proche de Santa Eularia.

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  • La fête, évidemment

Un séjour à Ibiza ne saurait être complet sans au moins une fête digne de ce nom au programme. D’expérience, je parlerai du Space et de sa Troya. Flamboyante, sauvage et transgressive, cette soirée est un incontournable de la vie festive de l’île. Jusqu’au petit matin, l’œil est happé par les innombrables shows provocateurs des danseurs survoltés. Complexes et préjugés mis au placard, on y fait de surprenantes rencontres.
Je garderai toujours en mémoire le souvenir de Stéphanie. Homme ou femme je ne sais trop. Elle (lui?) non plus d’ailleurs. Allure de sirène, perruque longue, yeux nacrés, coquillages et crustacés. Persuadé(e) d’être un Alien ayant littéralement débarqué d’une autre planète et capable de lire l’âme des badauds en scrutant intensément leurs yeux. Ibiza et ses mystiques :)

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  • Le truc (bête) en plus à faire (ou pas)

Si alors que vous faites tranquillement l’escalope sur la plage, un beau ténébreux tente de vous convaincre d’embarquer sur le bateau des « beautiful people » (les gens très très beau) – probablement du marketing – réfléchissez-y à 2 fois. Le concept : quelques 7h de croisière-teuf avec un paquet de furieux prêts à se trémousser au rythme de la houle. Résultat : étrange impression d’être dans un mauvais épisode des « Chtis à Ibiza » et quelques clubbeurs pas au mieux de leur forme à bord. En vrai c’était quand même un peu drôle :)

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Sur le retour, le ciel nous fait grâce d’une accalmie alors que la croisière touche à sa fin. Puis, soudainement, le soleil s’extrait des nuages. Pour la plupart, les passagers du bateau sont debout sur les canapés, un bras replié sur le flan, l’autre pointant le ciel, les yeux clos et le visage incliné, tandis que « I took a pill in Ibiza » résonne sur la mer des baléares. A ma droite, il y a ce type affalé sur le ventre, qui bercé par les vagues décuve son champagne. Quelques originaux assistent en silence à l’adieu fier et somptueux du soleil derrière le phare, les montagnes, et les villas qu’on devine entre les palmiers. Malgré la musique, la mer est d’huile et l’atmosphère d’un calme olympien.

Autant de tableaux qui illustrent l’île blanche, ses contradictions, sa simplicité, ses vices et sa beauté.

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2 Comments

  • Reply Marjo septembre 7 at 21:48

    Tres beau portrait de cette île aux multiples facettes. Merci de la raconter si bien!

  • Reply Jane septembre 8 at 04:11

    Ibiza la schizophrène… superbe article !

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